La régie : une décision sur le transfert du risque lié au périmètre, pas sur le prix

+ Définition

La régie, ou T&M, est un modèle de tarification dans lequel le client paie le temps réellement travaillé à des tarifs convenus, plus les éventuels frais, sans montant total fixe. Ce modèle transfère le risque lié au périmètre du fournisseur vers le client : si le travail prend plus de temps, il coûte plus cher, et aucune marge de sécurité n'est intégrée au tarif. Il est adapté aux missions où les besoins évoluent au fur et à mesure, et nécessite un plafond budgétaire ainsi qu'un reporting détaillé pour rester sous contrôle.

Qu'est-ce que la régie ?

La régie, souvent appelée T&M, est un modèle de tarification dans lequel le client paie le temps réellement travaillé à des tarifs convenus, plus les éventuels frais ou dépenses. Il n'y a pas de montant total fixe. Si le travail prend plus de temps, il coûte plus cher.

C'est la norme pour les missions de conseil et de freelance en Belgique, généralement facturées sur une base journalière par profil. Ce qui est réellement tranché ici n'est pas le prix, mais la responsabilité du risque lié au périmètre.

Qui supporte le risque en régie ?

Le client. Dans le cadre d'un prix forfaitaire, le fournisseur absorbe le coût du travail qui prend plus de temps que prévu et intègre une marge de sécurité dans son devis précisément pour cette raison. Avec une facturation au temps passé (T&M), il n'y a pas de marge de sécurité, car il n'y a rien contre quoi se protéger : tout effort supplémentaire donne simplement lieu à une facture supplémentaire.

Cela rend le modèle T&M plus économique lorsque l'estimation est respectée, et plus coûteux dans le cas contraire. La manière honnête de choisir dépend du degré de compréhension du travail à accomplir. Un travail bien défini avec des exigences stables convient à un prix forfaitaire. Un travail dont les spécifications évolueront au fur et à mesure de l'apprentissage convient mieux au T&M, car un prix fixe sur un périmètre inconnu est soit surévalué, soit renégocié, et généralement les deux.

Que faut-il pour que le modèle au temps passé fonctionne en pratique ?

De la visibilité et un plafond. Sans limite budgétaire ou étape de validation, un engagement au temps passé n'offre aucun point de réflexion naturel. Un plafond budgétaire par phase, assorti d'une décision explicite de poursuivre, permet de conserver la flexibilité tout en rétablissant un moment de choix.

Le reporting doit être en adéquation. Les heures par flux de travail, comparées aux prévisions, doivent être examinées assez fréquemment pour que toute dérive soit détectée alors qu'il est encore possible d'agir. Une facturation au temps passé qui arrive sous forme de total mensuel sans détail supprime le seul levier de contrôle de ce modèle.

Le modèle au temps passé crée-t-il un risque juridique en Belgique ?

Pas en soi, mais c'est le modèle le plus souvent associé à ce type de risque. Un engagement au temps passé facturé à la journée, où un consultant est intégré à l'équipe du client et reçoit des directives quotidiennes, présente les caractéristiques de l'arrangement que la loi du 24 juillet 1987 interdit lorsque le client exerce une partie de l'autorité patronale.

Les directives du SPF Emploi sur la mise à disposition de travailleurs auprès d'un utilisateur définissent la marche à suivre : les instructions relatives au bien-être et à la sécurité sont toujours autorisées, et toute autre instruction nécessite un accord écrit précisant exactement quelles directives le client est habilité à donner. Le modèle de tarification n'est pas le problème. C'est ce que ce modèle permet tacitement qui l'est. Il s'agit de la même limite que celle qui régit le renfort de personnel, et il est préférable de clarifier ce point avant le début d'une mission plutôt que lors d'une inspection.

QUESTIONS
FRÉQUENTES

Purple Elipse - Sparagus
FAQ