Qu'est-ce que le renfort d'effectifs ?
Le renfort d'effectifs est un dispositif par lequel un client intègre des spécialistes externes à ses propres équipes, travaillant aux côtés de ses salariés et selon son propre plan de projet, tout en restant employés ou sous contrat avec le fournisseur. Le client accroît ainsi sa capacité opérationnelle sans procéder à des embauches.
C'est le modèle de conseil le plus répandu sur le marché technologique belge, mais c'est aussi celui qui présente le plus de risques juridiques. Ces risques ne sont pas exceptionnels ; ils correspondent aux défaillances classiques de ce modèle.
Pourquoi le renfort d'effectifs comporte-t-il des risques juridiques en Belgique ?
En raison des règles sur le prêt de main-d'œuvre. En vertu de la loi du 24 juillet 1987, la mise à disposition de travailleurs auprès d'un tiers exerçant une partie de l'autorité normalement dévolue à l'employeur est interdite, sauf dans le cadre du travail intérimaire et de quelques cas limités autorisés. Le Directives du SPF Emploi sur la mise à disposition de travailleurs auprès d'un utilisateur définit le principe et ses exceptions.
Les sanctions expliquent pourquoi cela est important. En cas de violation de l'interdiction, le travailleur est réputé lié à l'utilisateur par un contrat de travail à durée indéterminée dès le début de la mission, et l'utilisateur ainsi que le fournisseur deviennent solidairement responsables des cotisations sociales, des salaires, des indemnités et des avantages. Un accord de mise à disposition peut ainsi se transformer en une relation de travail permanente non souhaitée par le client.
Quelles instructions un client peut-il réellement donner ?
Il existe deux catégories, et la distinction est précise. Les instructions relatives aux obligations de bien-être et de sécurité du client sur son propre site ne constituent explicitement pas un exercice de l'autorité patronale ; elles peuvent donc toujours être données.
Pour tout le reste, un accord écrit entre le client et le fournisseur est nécessaire, précisant exactement quelles instructions le client est autorisé à donner, et la pratique réelle doit correspondre à ce qui est écrit. Le client doit également informer son conseil d'entreprise de cet accord et lui fournir une copie de la clause relative aux instructions, ou, à défaut, en informer le comité de prévention ou la délégation syndicale. La coordination technique quotidienne est possible. Décider des horaires de travail d'une personne, approuver ses congés, mener son évaluation ou l'affecter à un autre projet ne l'est pas, car il s'agit là de décisions relevant de l'employeur.
En quoi le renfort de personnel diffère-t-il du détachement et du travail intérimaire ?
Ces trois notions se situent sur un spectre défini par le détenteur de l'autorité. Le travail intérimaire est la voie réglementée pour le prêt de main-d'œuvre légitime : une agence emploie le travailleur, l'utilisateur le dirige, et la loi l'autorise car le cadre légal du travail temporaire le prévoit.
Le détachement et le renfort de personnel maintiennent tous deux le travailleur sous l'autorité du fournisseur, ce qui les rend licites en dehors de ce cadre, et ce qui confère à la clause d'instructions écrites un rôle structurel plutôt qu'administratif. Le test pratique ne repose pas sur l'intitulé du contrat, mais sur la personne qui décide des tâches du collaborateur pour la semaine suivante. Sparagus place les consultants qu'elle emploie directement par le biais de ses missions de conseil et de réalisation de projets.